Musiciens:
Jeff Gardner Piano
Dominique di Piazza Basse
Jean Pierre Dalmassy Batterie

Distributeur:
Nocturne

Label:
Sergent Major

Titres:
1 Everyday Miracles
2 Triune
3 Lilian
4 Jacques Track
5 Waiting on yoiu
6 Veils of illusion
7 White Paper
8 Agapé
9 All the people, all the music

site:
www.jeffgardner.com.br
www.dominiquedipiazza.com

Album Agatha « Everyday Miracles »

 

«Jean Pierre Dalmassy vient de nous livrer un petit bijou: le deuxième album de son trio Agatha, enregistré avec le pianiste Jeff Gardner et le bassiste Dominique Di Piazza. L’événement jazz de ce début d’année ?»
Batteur Magazine

 

Article Batteur Magazine

 

Musicien hyper actif sur la scène Jazz et pédagogue présent sur la plus part des stages et festivals de batterie, Jean Pierre Dalmassy vient de nous livrer un petit bijou: le deuxième album de son trio Agatha, enregistré avec le pianiste Jeff Gardner et le bassiste Dominique Di Piazza.
L’événement jazz de ce début d’année ?

Si le jazz est un langage alors Jean Pierre Dalmassy est un véritable poète capable d’assortir rythmes et son avec un sens aigu de la mélodie et de la structure. Peu de batteurs savent, comme lui réellement raconter une histoire avec leurs peaux et leurs cymbales, et établir une véritable conversation avec les autres instrumentistes. Jean Pierre surf sur le tempo avec une aisance déconcertante, qui le place au moins au niveau d’un Peter Erskine. Il nous semblait urgent de rencontrer ce virtuose pour comprendre sa philosophie. Paré pour le swing ?

  • Comment s’est formé ce trio ?

En Fait ce trio a déjà une histoire car il y a eu un premier album avec un bassiste Thailandais
Paanphum Tzar. Ce dernier ne s’entendait pas bien avec Jeff Gardner au niveau de la composition,alors pour ce nouveau disque, j’ai pensé à Dominique Di Piazza que je connais depuis six ans. Il fallait absolument que les relations humaines soient bonnes.

  • Tu Parlais des compositions. Comment avez-vous fonctionné ?

Nous avons bossé via internet. Jeff et moi nous sommes mis d’accord sur une orientation. Il fallait que le travail de la section rythmique aille dans le même sens des thèmes. Il m’a donc envoyé ses compos, simplement jouées au piano. J’ai ainsi pu poser des batteries, et définir les tourneries.
Puis, j’ai fait suivre a Dominique qui était en tournée en Italie.
Lorsque nous nous sommes rejoints en studio, chacun était au point.

  • Jeff est Dominique ne s’étaient jamais rencontré ?

Non, jamais et pourtant ça a marché.

  • N’était-ce pas un peu risqué ?

Mais le risque c’est notre métier sans risque, le jazz, perd tout son intérêt. Alors oui, il y avait un sacré challenge. Est-ce que nous allions nous trouver autour de la même pulsation, et créer un bon véhicule pour les émotions ? Nos parcours sont assez similaires et se rejoignent vers une vision musicale commune, mais il n’empêche, nous nous sommes téléphonés la veille, et nous nous sommes dit:<<Espérons que tout ira bien>>.

  • Lors des stages, tu as souvent affaire a un public rock. Tentes-tu de lui apporter une ouverture supplémentaire ?

C est l’idée. Quand je fais une master classe avec Walfredo Reyes Jr ou Nick Di Virgilio,c’est toujours intéressant, car cela donne de l’ouverture. C’est comme les festivals de jazz, qui étaient auparavant très puristes, et qui aujourd’hui,accueillent même des groupes de rock. C’est bien.

  • Le jazz n’est-il pas un peu hermétique pour des oreilles non initiées ?

C’est pour cela que je m’attache à ce que le concept soit toujours très ludique,et pas trop intello.
C’est un échange,aussi.
Les jeunes batteurs qui assistent aux stages me permettent de rester connecté avec mon époque.

  • Comment pourrais-tu expliquer le rôle de la batterie dans le jazz ?

Il y a plusieurs états d’esprit. Dans Everyday Miracles, il y a des morceaux dans lesquels le tempo est toujours palpable, et d’autres, plus world où c’est moins clair. Moi, j’ai bossé un peu tous les styles, donc, ça va, je me sens toujours à la maison. Mais, je ne pourrais pas jouer tout le temps dans l’esprit du jazz. Finalement, le jazz, c’est d’avantage un toucher, et aussi une façon d’orchestrer la batterie en fonction des autres instruments. Par exemple nous travaillons déjà sur le prochain disque avec un guitariste américain très connu, et bien, je ne joue pas trop sur les toms pour éviter de bouffer les fréquences de son instrument.
C’est de l’arrangement spontané avec la batterie, c’est très facile d’empiéter sur le territoire des autres. C’est un instrument bruyant.

  • Joues-tu des plans travaillés au préalable ou inventes-tu des phrasés sur l’instant ?

Les deux. Il faut fixer un minimum les choses, sinon, on dérive trop, et on raconte n’importe quoi.
Il y a des codes dans cette musique, et un certain sens de l’écoute et du tempo.
Les choses imprévues existent, et sont le résultat de l’interaction entre les musiciens.
C’est pour cela qu’il faut dépasser la technique,pour pouvoir ce lâcher, et oublier complètement l’instrument pendant que l’on joue.

  • As-tu déjà goûté au jazz plus radical ?

J’ai donné dans le jazz expérimental à une époque, et c’est de la masturbation.
Retrouver la mélodie a été pour moi un grand bonheur.

  • Tu joues sur Sabian. Ces cymbales sont-elles adaptées au jazz ?

J’ai trouvé un bon équilibre dans mon set, et je suis content. Le plus important dans ma musique, c’est la Ride. J’en ai demandé cinq différentes pour choisir celle qui a la meilleure définition.
Avec Vic Firth, on a travaillé sur le ping de l’olive. Bref,tout est une histoire de sonorité. C’est pour cela que nous avons fait des tests <<en aveugle>> dans des conditions d’enregistrement pour choisir les cymbales. C’est important, car lorsque l’on joue sur des disques, il faut avoir un son identifiable.
C’est ce qui fait que d’autres musiciens auront envie de jouer avec toi.

  • Allez, avoue! Je suis sur que tu as quelques Zildjan K de derrière les fagots….

J’en ai effectivement, dont une extraordinaire.mais je ne les utilise pas.
Je suis quelqu’un qui ne triche pas.

Pascal Julien